From Blueprint to reality : un rapport clé de l’iniative Transitioning Industrial Clusters du Forum économique mondial
Vers une transition industrielle FINANcable : le rôle clé des infrastructures énergétiques partagées
La communauté Transitioning Industial Clusters, dont fait partie Dunkerque avec son projet DKarbonation, est une initiative portée par le Forum économique mondial. Elle regroupe désormais 40 pôles industriels répartis dans 20 pays, réunissant plus de 70 acteurs des secteurs industriel, public et institutionnel. Pour en savoir plus sur l’impact de l’initiative TIC, consultez l’article dédié.
Le World Economic Forum (WEF) publie en ce mois de janvier 2026 un rapport stratégique appelant à repenser la manière dont les grandes industries abordent leur transformation énergétique. Intitulé From Blueprint to Reality: A Stronger Business Case for Shared Energy Infrastructure, ce document met en lumière un constat central : malgré des engagements ambitieux en faveur de la décarbonation, les investissements dans des projets industriels essentiels restent insuffisants pour atteindre les objectifs climatiques et économiques mondiaux.
Un investissement encore trop limité
Selon le rapport, les flux financiers vers les infrastructures nécessaires à la transformation des secteurs industriels les plus émetteurs — chimie, acier, ciment, raffinage, etc. — stagnent entre 30 et 50 milliards de dollars annuels. Ces montants sont nettement en-deçà des besoins réels pour assurer une transition vers des systèmes énergétiques durables et compétitifs. Cette absence de financement empêche de nombreuses technologies propres de dépasser le stade des projets pilotes et d’atteindre la faisabilité financière nécessaire pour attirer des capitaux privés.
La proposition : mutualiser l’infrastructure énergétique
Le Forum économique mondial plaide pour une approche collective basée sur des « clusters industriels » : des zones géographiques où plusieurs entreprises co-investissent dans des infrastructures énergétiques partagées — réseaux hydrogène, systèmes de transport et stockage de CO₂, connexions électriques ou réseaux thermiques. En mutualisant ces ressources, le rapport soutient que l’on peut :
- Réduire les coûts unitaires des projets ;
- Créer des volumes de demande agrégés, renforçant la sécurité des revenus pour les investisseurs ;
- Diminuer les risques d’exécution grâce à une coordination centralisée ;
- Rendre des projets complexes bancables et attractifs pour les capitaux privés.
Cette approche de coopération public-privé permettrait d’accélérer la transformation des secteurs dits hard-to-abate (difficiles à décarboner), où les coûts et les risques ont jusqu’ici freiné l’entrée des financements nécessaires.
Des bénéfices économiques et environnementaux mesurables
Le rapport ne se contente pas d’arguments théoriques : il s’appuie sur les travaux de l’initiative Transitioning Industrial Clusters du Forum économique mondial, qui montre qu’un déploiement organisé de clusters pourrait générer :
- une réduction d’environ 877 millions de tonnes d’émissions de CO₂ équivalent ;
- une contribution à hauteur de 508 milliards de dollars au PIB mondial ;
- et le soutien de 4,6 millions d’emplois à l’échelle globale.
Ces chiffres confirment le potentiel économique significatif des infrastructures partagées, au-delà de leur impact climatique.
Vers une transformation industrielle réaliste
L’étude identifie également plusieurs conditions de succès :
- Des cadres de gouvernance clairs pour coordonner les acteurs publics et privés.
- Des mécanismes de partage des risques afin d’attirer des financements privés.
- Un rôle actif des pouvoirs publics pour catalyser l’investissement initial et structurer les marchés.
Paradoxalement, alors que les objectifs de décarbonation sont largement reconnus, le rapport met en avant que le véritable défi n’est plus la définition de la vision, mais bien la capacité à la mettre en œuvre via des modèles économiques robustes.
Conclusion : passage de l’ambition à l’action
Le rapport From Blueprint to Reality résonne comme un appel aux décideurs industriels, financiers et politiques : pour que la transition énergétique se concrétise à grande échelle, il faut dépasser les approches fragmentées. Les infrastructures partagées pour l’énergie, structurées en clusters industriels, représentent une solution pragmatique pour transformer des objectifs de neutralité carbone en projets investissables, générateurs d’emplois et de croissance.
Une vision largement partagée et développée à Dunkerque dans le cadre du projet DKarbonation piloté par ÉcosystèmeD.